Gens du voyage sur le terrain des sports

Avec l’allègement des consignes sanitaires, la vie associative picanaise reprend enfin. C’est avec enthousiasme que le dimanche 13 juin, un vide grenier était organisé par l’ACCA sur le terrain municipal clos depuis février dernier.  Cette clôture empêche tout accès au stade.

La seule entrée pour accéder au stade pour les organisateurs et les participants était le portail coulissant ouvert pour cette occasion. A la fin de la braderie, alors que les membres de l’association rangeaient le matériel, les premiers véhicules des gens du voyage ont profité de cette ouverture pour s’introduire sur le terrain. Les bénévoles n’ont pu que constater, impuissants, le défilé de véhicules et caravanes remplissant l’annexe et le terrain d’honneur, dont la pelouse venait d’être refaite. Tous ont été choqués de cette intrusion d’autant que certains ont été bousculés et molestés.

Prévenus, Mme Le Maire et ses adjoints se sont rendus sur les lieux très rapidement. Les gendarmes sont arrivés ensuite en nombre. Après avoir tenté de calmer les deux parties, notamment en demandant à parler au chef de ce groupe, Mme Le Maire a appelé le coordonnateur de l’Accueil des Gens du Voyage en Ille et Vilaine (EGV35), afin de fixer un rendez-vous rapidement et négocier ainsi, au mieux, l’accueil et ses conséquences. Pendant ce temps, les adjoints présents se chargeaient des bénévoles désemparés et du matériel à mettre en sécurité.

Un peu plus tard, le président de l’ACCA fragilisé par une récente opération chirurgicale a fait un malaise sur le site. Inconscient pendant plusieurs minutes, il a été pris en charge par un gendarme secouriste puis par les pompiers et évacué à l’hôpital. Après une nuit d’hospitalisation et quelques examens, il est sorti le lendemain, fatigué, sous surveillance médicale mais il a pu rejoindre son domicile.

Dès le lundi matin, la mairie a commencé les négociations.

Le séjour prévu pour plusieurs semaines a été réduit à 6 jours avec un départ le samedi. Le barnum communal installé pour la braderie est resté en place pour le déroulement des messes par leurs pasteurs, évitant ainsi le montage d’un chapiteau qui aurait abimé le terrain et dont le démontage aurait entraîné un départ le dimanche, jour d’élections.

Chaque partie a signé un contrat précisant le forfait pour les frais de viabilisation et les dédommagements en cas de dégradations.

Toute cette semaine, les élus ont été bien occupés en ayant régulièrement les services de la Sous-Préfecture et la gendarmerie. Cette-dernière a ainsi appréhendé, dans le calme, un matin, deux personnes recherchées par leur service et repérée dans le groupe.

Mme Masson, adjointe à la vie associative, a géré les déclarations d’assurance de l’association avec les dégâts subis (corporels pour les uns, matériels pour les autres…).

Mme Pitois, adjointe aux affaires sociales prenait des nouvelles de chaque bénévole présent lors de cette arrivée mouvementée.

Mr Gourdin, 1er adjoint se chargeait de faire venir une benne du service ordures ménagères de la communauté de communes pour gérer au mieux tous les déchets.

Samedi 19 juin à 13 h, un état des lieux du terrain et des alentours s’est déroulé avec le coordonnateur et les gens du voyage pour préparer leur départ. Tout a été nettoyé, rangé, aucun désordre n’a été constaté. Le forfait prévu a été payé. Certaines dégradations ont été réparées et d’autres indemnisées.

Nous pouvons espérer qu’avec la pluie, la pelouse du terrain des sports puisse levée et que les traces des passages des véhicules disparaissent.

A 14 h, l’ensemble des caravanes reprenaient la route et quittaient la commune.

Enfin, Mme Le Maire a souhaité et obtenu une réunion début juillet, avec le Sous-Préfet et ses services, les élus, et les associations communales pour échanger sur ces accueils subis par les collectivités, expliquer le rôle de chacun et notamment de l’Etat, et surtout rassurer nos bénévoles. Il nous faudra sans doute mettre en place des procédures pour anticiper les faits et gestes de chacun lors de telles circonstances, l’essentiel étant de ne pas se mettre en danger.

Les efforts financiers déjà consentis pour la clôture du stade sans aucune aide de l’Etat devront probablement être complétés par des aménagements supplémentaires. Nous pouvons regretter que les communes soient seules à supporter financièrement ces équipements, ainsi que les dégradations, alors qu’elles assument déjà la gestion chronophage que constitue l’accueil des gens du voyage sur leur territoire.